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  • La Sénonaise

Mes humeurs #4 : Entraînement.

Exercice universitaire de description.
Décrire un lieu ou un objet sans le nommer. Le faire deviner au fur et à mesure du texte tout en faisant ressentir au lecteur ce qu’il nous, auteur, fait ressentir.

Texte 1. Il fait un peu froid et sombre. Les chaises en plastiques sont imbriquées et disposées en tas serrés contre les immenses fenêtres : des masses noires contre des vitres noircies par la nuit. Un ton sur ton peu accueillant. Les rideaux jaunâtres ont tenté, à une époque révolue, d’apporter couleur et lumière. C’est peine perdue, ils l’ont compris. Aurélia, d’un pas décidé, m’entraîner à se saisir d’une chaise endormie pour s’y asseoir au milieu du parquet trop propre. Face à nous, des planches nous dominent à l’horizontal, courtes mais hautes, fières. Deux coursives les grandissent de part et d’autre et font leur petit effet. Ça donne envie ! Deux portes, un peu vulgaires, s’imposent au fond (pas gênées celles-là). Un rail au plafond rappelle comme un clin d’œil qu’un rideau les cache les jours de gloire. De sa couleur profonde, qui n’en est pas à ses premiers spectacles. La zone du parquet, cette banquise de bois, accueille la nonchalance d’adolescente joyeuses, qui s’asseyent ou s’allongent, en tailleur ou sur un flan, pendant que les copines s’agitent sur les planches rehaussées. Pour accéder à la banquise de bois, il faut descendre une dizaine de grandes marches. Le public accède à une antre où, là, les chaises se sont joliment disposées en rangs savamment décalés, où les rideaux abritent humblement des lumières extérieures et où celui, épais, de la scène parfaire le fond.




Un lieu : une salle de répétition de théâtre (MJC de Sillac/Grande Garenne/Frégeneuil, 16).


Texte 2. Il reste endormi dans la pochette plastique d’un classeur ou d’un organiseur… Bref, d’une outil de bureautique dont les collégiennes et lycéennes sont obligées de faire la collection. Soigneusement rangé, se tenant prête à être feuilleté, page par page, sans être écornée. Ou sortit miraculeusement des ténèbres d’un sac à dos à la mode dont les collégiennes et lycéennes sont obligées de faire la collection. Tiré péniblement, il retourne sur son passage la trousse pleine à craquer et le livre de maths, trop neuf pour être utilisé. Il jaillit dans la brusque lumière, accompagné d’un triomphal « je l’ai ! » et remué en l’air à en donner la nausée. Il se fait projeter au sol et rejoint ses semblables : les mal plastifiés et les chiffonnés (son sort n’est pas si terrible). Beaucoup manquent à l’appel. Un autre a des erreurs, il va falloir lui corriger ça pour qu’il soit exploitable, sinon c’est poubelle ! Cet autre, là, est tout simplement : fluorescent ! Il se fait remarquer par son arc-en-ciel « stabiloté » des pieds à la tête, et n’en est pas peu fier : au moins chez lui, les didascalies se distinguent clairement des répliques !





Un objet : les imprimés d’un texte de théâtre des membres d’une troupe.


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